38 – De Lilongwe à Lusaka

38 – De Lilongwe à Lusaka

Notre passage à Lilongwe ne dure qu’une demi-journée, et nous l’occupons à acheter des tickets pour le bus du lendemain et à envoyer des cartes postales. Nous en savons donc assez peu sur la capitale du Malawi, si ce n’est que la gare routière fait aussi marché aux poissons et que les employés de la poste sont souriants.

Un des rares souvenirs achetés pendant le voyage : un globe en bois du marché artisanal devant la Poste à Lilongwe.

Nous y prenons aussi notre premier tuk-tuk depuis l’Ethiopie, pour nous rendre dans notre chambre réservée sur Airbnb. Nos hôtes, Trish et Kal, sont un couple d’expatriés britanniques qui vivent dans la banlieue chic de Lilongwe. Ils n’ont pas vu notre réservation (internet était en panne, ça arrive souvent ici), mais ils nous accueillent à bras ouverts et nous offrent des burgers gratuits ! Nous arrivons alors qu’ils sont en pleines fêtes de fin d’année avec des amis, la maison est en ébullition ! Ils enchaînent les allers-retours entre la cuisine et le jardin, et discutent avec nous en passant. Leur « maison folle » (c’est comme ça qu’ils la surnomment) se vide petit à petit de sa foule pour aller faire la tournée des bars, et chaque invité échange un mot rapide avec nous en partant. Dommage que nous ne restions pas plus à Lilongwe, une maison accueillante ça fait toujours plaisir.  

Notre Airbnb (que nous n'avons vu que de nuit en réalité !).

L’Airbnb est maintenant vidé de ses fêtards. Il reste les habitants temporaires : un Nord-Irlandais d’une cinquantaine d’années qui vit ici avec ses deux filles. Au beau milieu de l’Afrique, nous nous retrouvons (involontairement) à parler politique du Royaume-Uni. Heather et lui partagent le même passeport mais n’ont que peu en commun. Il a passé la majeure partie de sa vie dans ce qu’il appelle encore fièrement la Rhodésie, et se félicite de l’élection de Boris Johnson et du Brexit. Nous avons avec lui un débat animé mais courtois, pour conclure que nos visions de la société sont définitivement trop éloignées. Le pub-crawl aurait probablement été plus drôle.  

La nuit est courte, il faut (encore) se lever à l’aube pour prendre (encore) un bus. Nous sommes maintenant parfaitement rodés au voyage en Afrique. Nous suivons notre routine : Arnaud gère les bagages pendant qu’Heather se dépêche de trouver deux sièges à côté d’une fenêtre qui ouvre (détail important, il faut toujours tester avant !).

Le soleil est à peine levé, mais il y a déjà une grande effervescence autour des tas de poissons posés sur des bâches au sol. Le fait que le car soit garé au milieu du marché ne semble gêner personne. « Usipa fumé au pot d’échappement, sur son lit de poussière de sable », ça vous tente ? En tout cas, les mouches ont l’air d’adorer.

La fraîcheur du matin, que nous connaissons en Europe, n’existe pas ici. Si le lever du soleil est à six heures, il fera trop chaud à partir de six heures dix. Quand le car roule, la vitre ouverte offre un vent frais salvateur.

Nous atteignons la frontière en quelques heures. Tout se passe bien à la douane : nos passeports sont dûment tamponnés pour 50$ chacun. Deux nouvelles passagères montent dans le bus. Elles essaient discrètement de prendre des photos de nous avec leurs smartphones. Au premier arrêt nous achetons une carte SIM zambienne, puis c’est une longue route, droite et monotone, jusqu’à Lusaka.

Les paysages changent peu. Visiblement il a beaucoup plu récemment, la route est bordée de brousse verdoyante. Ça doit être bien différent pendant la saison sèche. Nous longeons le parc national de Lower Zambezi, mais avec cette végétation il n’y a aucune chance d’apercevoir quoi que ce soit.

A l’approche de Lusaka, le trafic se fait plus dense et de gigantesques centres commerciaux apparaissent. Nous arrivons à la gare centrale de nuit. C’est l’un des principaux terminaux de transport de la ville, la foule est impressionante. On a l’impression que tous les chauffeurs de taxi essaient de nous convaincre de venir avec eux. Nous attrapons une chicken pie à un des étals et filons à notre auberge de jeunesse, où Wayne doit venir nous chercher demain matin.

Nos voisins de chambre sont un groupe d’hommes d’affaires chinois, qui passent la soirée à fumer et boire dans le couloir. Sympa. Même avec la porte fermée notre chambre ressemble vite à un fumoir. Sympa. Nous assistons à une scène comique le lendemain matin. Ils sont en grande conversation avec le gérant de l’hôtel, pour des histoires de paiement semble-t-il. C’est une discussion à trois : eux, le gérant et un logiciel de traduction sur leur téléphone. Le chinois parle, tout le monde attend quelques minutes en silence, puis la voix enregistrée débite des mots dans un anglais approximatif. Le gérant répond alors au téléphone en anglais (avec un fort accent zambien), puis attend en silence que le téléphone réussisse à retranscrire ça en chinois. A en juger par les visages de tout le monde, l’expérience est peu concluante. Haha ! Nous espérons pour eux qu’ils n’ont rien prévu d’autre aujourd’hui. La Chine est lancée à la conquête de l’Afrique à pleine vitesse, mais il reste encore quelques obstacles à franchir !

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