37 – Mini safari à Liwonde

37 – Mini safari à Liwonde

Notre prochaine destination, le Parc National de Liwonde, n’est qu’à deux heures de route. Nous espérons y arriver assez tôt pour voir quelques animaux sauvages. Nos amis Sud-Africains (bien que peu rassurés par nos choix de transports) nous déposent gentiment sur la route principale, où nous attrapons un taxi pour la ville la plus proche. De là, nous tentons de prendre un bus, pour changer (ou plutôt pour éviter de changer… de voiture). Il est vide quand nous arrivons, donc nous devinons que ça va prendre un moment avant de pouvoir partir. Alors nous attendons. Puis, nous attendons encore. Et encore.

Une heure et demie s’écoule (!), le bus n’est toujours pas plein et il n’a pas bougé. Ça semble maintenant stupide d’attendre deux heures pour un trajet de deux heures. Dans la chaleur du jour, notre patience est mise à l’épreuve. Regarder les autres passagers attendre est fascinant. Ils se trouvent une position confortable et n’émettent aucun son. Ils ne bougent quasiment pas. De temps en temps, le besoin d’écarter une mouche du bras prouve qu’ils sont encore en vie. Ils ne réagissent pas au soleil de plomb, aux nouveaux passagers qui les escaladent ou aux bagages qui s’empilent sur eux. C’est comme s’ils avaient temporairement quittés leurs corps, gelés jusqu’à ce que quelque chose se passe.  

Clairement, il ne se passera rien avant un moment. Nous décidons de trouver une autre solution, donc nous descendons et demandons à être remboursés. Le responsable du bus refuse de nous rendre notre argent, malgré notre insistance. Mais en réalité nous n’avons aucune chance.

Il y a souvent beaucoup de monde dans les gares routières : des gens qui traînent là pour espérer une opportunité de faire un peu d’argent. Ils n’ont pas grand-chose à faire alors quand il se passe quelque chose d’inhabituel, comme deux touristes en discussion avec un chauffeur, ils s’attroupent et viennent tous se mêler de l’affaire. Nous voilà bientôt entourés d’une trentaine de personnes qui crient que nous n’avons pas respecté les règles en décidant de descendre. Impossible de parler calmement alors nous récupérons nos sacs et partons, tant pis pour l’argent.

Nous trouvons rapidement un taxi qui accepte de partir tout de suite. Nous montons et il démarre, sous les gesticulations du chauffeur de bus qui doit maintenant trouver deux nouveaux passagers (le fait qu’il ait déjà l’argent pour deux sièges ne rentre manifestement pas en compte).

Notre taxi nous dépose bientôt à Liwonde. Nous nous asseyons, mangeons quelques mangues et discutons par signes avec des locaux le temps qu’un chauffeur du camp vienne nous chercher.

Il est possible de voir des animaux à l’intérieur du camp. Arnaud trouve ça génial et décide de passer tout l’après-midi sur l’un des points d’observation, à scruter la forêt. Pendant ce temps Heather préfère lire un bon livre sur un hamac.

Evidemment, arrive ce qui devait arriver. Un rhinocéros fait son apparition juste à côté de l’endroit où se trouve Heather. Un des guetteurs la prévient pour qu’elle puisse le voir. Quand Arnaud arrive, il a déjà disparu dans les buissons. Il n’y aura pas grand-chose d’autre, hormis quelques babouins, des antilopes, des fourmis-soldats et un singe vervet venu se servir à manger dans la cuisine.

Maman antilope et son petit

Nous partageons le dîner avec les autres clients (et le singe !). Il y a un couple de Hollandais et un vétérinaire tchèque qui est volontaire à Lilongwe dans un refuge pour animaux. Il nous raconte qu’il y avait des éléphants ici il y a quelques jours et qu’il n’a pas pu sortir de sa chambre. Ce qui nous fait réaliser que nous voyageons en Afrique depuis quatre mois et n’avons toujours pas vu un éléphant. Il faudra remédier à ça. Son anglais est assez limité, alors il se contente de sourire le lendemain matin pendant qu’Heather lui parle de sa déception après les résultats des élections générales au Royaume-Uni.

Nous profitons du café gratuit au petit-déjeuner, et reprenons la route. Notre parcours au Malawi touche à sa fin. Le temps est venu d’aller voir Wayne, le cousin germain du papa d’Heather, en Zambie avant qu’il ne rentre en Angleterre pour les fêtes. Il nous faut tout d’abord rallier Lilongwe, la capitale du Malawi. Le moyen de transport n’est plus très original maintenant : il faut enchaîner plusieurs taxis partagés et minibus.

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