35 – Un réveil brutal

35 – Un réveil brutal

Après notre nuit à Mushroom Farm et une descente décoiffante à moto, nous sommes de retour à Chitimba. Nous n’avons que dix jours au Malawi, la liste des choses à voir est assez courte, mais les distances à couvrir plutôt longues. Le prochain nom sur la liste est Nkhata Bay, à environ cent quatre-vingts kilomètres. Nous nous attendons à devoir prendre plusieurs taxis pour couvrir le trajet, mais la chance nous sourit : un chauffeur de taxi se rend à Nkhata Bay pour voir son frère ! Le prix est bas, cela reste un taxi partagé et il prend des gens sur la route. Sur certains tronçons il est plein comme un œuf. Si mettre plus de passagers que de sièges semble être la norme, ce n’est sûrement pas la règle. Pendant le trajet, le chauffeur aperçoit un contrôle de police quelques centaines de mètres plus loin. Il s’arrête et fait alors descendre trois personnes, repart et passe le bonjour aux policiers, puis se gare sur le côté de la route. Quelques instants plus tard les passagers déposés nous rejoignent en taxi-moto. Ils remontent et nous repartons. Et voilà !

Mushroom Farm, Livingstonia > Nkhata Bay

C’est le début de la saison des pluies au Malawi. Nous nous retrouvons bientôt au milieu d’un énorme orage. Les grosses gouttes frappent contre les vitres, on ne voit presque plus la route. Tous les marchands ambulants courent se cacher, avec les potentiels nouveaux passagers pour notre chauffeur.

Le soleil réapparaît à mesure que nous approchons de la côte, et avec lui les marchands d’objets artisanaux : masques, bijoux, échiquiers, crèches, chaises, bols décoratifs, globes, statues d’animaux et, bien évidemment, plateaux de Bao.

Une vendeuse de champignons énormes

Le couple de cinquantenaires nous a longuement vanté Mayoka Village, nous décidons donc de nous y arrêter aussi. Les propriétaires, Kathryn (Anglaise) et Gary (Sud-Africain), nous accueillent avec du jus de mangue bien frais en nous racontant qu’ils ont acheté le terrain pour quelques milliers de livres il y a une vingtaine d’années. Ils en ont fait un petit coin de paradis : des chemins relient entre eux les jolis chalets posés à flanc de colline, perchés au-dessus des flamboyants et des eaux cristallines du lac Malawi. Les kayaks sont en libre-service, le thé est offert à partir de 16h et tous les mardis ils organisent une sortie en bateau avec les clients qui le souhaitent. Aujourd’hui c’est lundi, parfait !

Vous voyez les mangues ?

Les chalets sont assez chers donc nous optons pour le dortoir avec des murs en bambou. Il y a une dizaine de lits mais nous sommes seuls. A priori ils laissent toujours les draps en place, même quand il n’y a pas de clients. Il semble d’ailleurs qu’il n’y en a pas eu depuis un moment, il reste quelques cadavres d’insectes sur les draps prétendument propres. La moustiquaire n’est pas en parfait état mais ça devrait suffire à contenir les moustiques. Les singes se baladent sur le toit et semblent y faire parfois leurs besoins. Mais bon, on fera avec, en se rappelant qu’il y a un tour en bateau gratuit demain.

Il est quatre heures du matin quand nous nous réveillons en même temps, à taper sur nos bras et jambes avec la sensation d’avoir des insectes qui se posent dessus. Bizarre. Ça continue alors Arnaud se lève pour aller chercher la lumière de son téléphone, qui charge sur le lit d’à côté. L’écran s’allume et là, l’horreur se révèle. Il y a des milliers de fourmis volantes posées sur ce matelas. Il pointe la lampe sur notre lit : il y en a autant d’autres qui s’agglutinent sur et dans notre moustiquaire. Aaaaaaaah !!!! (sans trop ouvrir la bouche quand même !). Nous nous enfuyons du dortoir en courant (et en sous-vêtements) et allons chercher le garde de nuit. Il nous aide à sortir nos affaires de là, que nous inspectons un long moment pour être sûr qu’elles ne contiennent aucun insecte.

Nous lui demandons si nous pouvons prendre une autre chambre ou parler à Gary ou Kathryn. Malheureusement, ils n’arriveront pas avant quatre bonnes heures. Quitte à être réveillés (et plutôt efficacement d’ailleurs !), nous partons faire une balade en kayak, pendant que le soleil se lève.

A ce moment pas très ragoutant succède un moment paisible. Nous apprécions d’être tous les deux, sur les eaux calmes du lac, avec en arrière-plan le ciel rose et de la fumée* sur l’autre rive pendant que les villages alentours se réveillent. Nous croisons quelques pêcheurs et un homme bien habillé qui se rend au marché en canoë.

Maintenant que nous sommes debout, nous décidons de ne pas rester et d’avancer jusqu’à notre prochaine destination. Après tout, la journée commence à peine !

Nous nous restaurons en attendant que les gérants arrivent. Au bar, un homme nous explique qu’il va dans la même direction et que nous pouvons partager les frais. Nous parlons ensuite avec Kathryn. Elle appelle un taxi, qui nous prend pour un prix nettement inférieur. C’est parfois fatiguant de devoir toujours vérifier les prix et négocier.

Ce ne sera pas le cas pour la nuit, qu’elle ne nous facture pas. Elle nous explique que les fourmis choisissent parfois un lieu aléatoire pour se regrouper et que nous n’avons pas eu de chance. Nous gardons pour nous que si le dortoir avait été plus propre, le « hasard » aurait probablement choisi un autre endroit. Mais bon, sans les fourmis volantes nous n’aurions pas eu ce beau moment sur le lac…

Ci-dessous un nouveau titre du Malawi (avec quelques images de notre sortie en kayak) :

*: Nous avons appris depuis que ce que nous avons pris pour des colonnes de fumées sont en réalité des nuages de milliards de minuscules moucherons qui se reproduisent au-dessus du Lac Malawi (impossible de leur échapper en fait). Voir l’extrait de reportage ci-dessous :

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