33 – Premiers pas au Malawi

33 – Premiers pas au Malawi

Mbeya 📍

Mbeya est une grande ville au Sud-Ouest de la Tanzanie, nichée au milieu de jolies montagnes. Nous y trouvons l’hôtel « Peace of Mind », qui porte bien son nom et, pour un prix raisonnable, offre une chambre confortable (et joliment décorée avec de l’artisanat local) ainsi qu’un restaurant et une piscine. L’endroit parfait pour prendre son temps après un long trajet en train.

L'hôtel Peace of Mind

C’est donc en toute logique que nous nous trouvons à la gare routière à l’aube pour monter dans le bus. C’est qu’il faut avancer, un nouveau pays nous attend.

Le trajet se passe sans encombre. Le bus, que nous partageons avec un carton de poussins, circule entre les plantations de bananes jusqu’à la petite ville d’Ipinda. Là, nous marquons un arrêt aux toilettes, puis il faut marcher environ un kilomètre sous le soleil jusqu’au pont sur la rivière Songwe, qui marque la frontière avec le Malawi.

En face : le Malawi

La douane est vite franchie. En même temps, à 75$ le visa touriste pour une personne, ils ne font pas trop de difficultés pour le délivrer. Nous nous mettons à la recherche d’un moyen de transport, mais aucun bus à l’horizon. Nous essayons d’avoir l’air de savoir où nous allons, mais nous sommes vite démasqués et deux hommes nous dirigent vers une voiture qui attend au bord de la route. Notre objectif se trouve à deux heures de route, en taxi ça va coûter un bras : non merci !

Mais ils insistent, nous comprenons qu’il n’y aura plus de bus aujourd’hui et que le taxi est la seule solution. La voiture est partagée avec quatre autres passagers, plusieurs bagages et des sacs de nourriture. Nous payons le prix que nous a recommandé l’officier de police à la douane (nous tentons toujours de nous renseigner sur les prix en avance).

Le chauffeur nous conduit à la première grande ville, Karonga. Là, changement de taxi pour en prendre un plus grand : avec sept places sur trois rangées de sièges. Nous comprenons alors que ce sont des moyens de transports classiques ici, en réalité. Nous prenons place sur les deux sièges du fond et assistons au remplissage. Enfin, au gavage, pour utiliser une image plus proche de la réalité. Les trois sièges centraux deviennent rapidement quatre places et les deux sièges avant accueillent trois personnes. On ne veut pas savoir où passe le levier de vitesse… Ils sont sympas et n’osent pas ajouter de personnes entre nous, mais on sent bien que le taxi pourrait encore prendre du monde.

Il nous dépose au centre de Chilumba, d’où nous prenons un dernier taxi jusqu’à la côte. Nous marchons les derniers kilomètres jusqu’à notre hôtel à travers des petites fermes. Chaque maison est accompagnée de son lopin de terre où poussent maïs et sorgho, avec parfois une vache, des poules ou quelques chèvres. Il n’est pas toujours évident de distinguer où s’arrête le chemin et où commencent les fermes. Les gens sont tout étonnés de nous voir, et nous guident dans la bonne direction. Ils arrêtent leur activité, sortent sur le pas de la porte pour être sûrs de bien voir, nous saluent et nous sourient, pendant que les enfants courent derrière nous en criant.

Nous atteignons l’hôtel en fin d’après-midi, à temps pour voir le soleil se coucher sur le lac Malawi. Très différent du lac Victoria, celui-ci est entouré de sable et, si on n’apercevait pas au loin les montagnes sur l’autre rive, on pourrait se croire sur une plage en bord de mer (il y a même des vagues !). Nous nous arrêtons un moment, apaisés par les nuances violettes ou roses du ciel et par le clapotis de l’eau. Nous sommes remplis de sensations de bien-être en arrivant dans le pays où les parents d’Heather ont passé leur lune de miel il y a vingt-neuf ans.

Nous restons quelques jours dans la modeste auberge Viphya Lodge (où nous avions réservé pour avoir une adresse à indiquer pour les visas). Les gens sont très accueillants, la plage est jolie et nous mangeons du bon poisson fraîchement pêché. Le poisson est un aliment central du Malawi, avec le Nsima (Ugali), les haricots et le Shum (salade de tomates et oignons).

Chilumba possède son propre marché aux poissons. Il nous arrive de monter sur deux moto-taxis pour nous y rendre au centre-ville. Là, des files de femmes se tiennent assises sur des tabourets devant des seaux de poissons, tomates, oignons ou choux déposés à leurs pieds. Le poisson est vendu frais ou séché. Nous avons déjà aperçu les longues tables en bois alignées devant les plages pour faire sécher les prises du jour au soleil.

C’est visiblement la saison d’un autre aliment de base : les mangues. Le sol est jonché de ces fruits orange, parfois regroupés en grands tas sur le sable. Il y en a tellement qu’elles ne coûtent quasiment rien. Les gens n’arrivent même pas à consommer tout ce qui tombe des arbres. Une odeur de mangues en décomposition nous accompagne partout.

Un soir, nous partons nous promener le long de la plage. Soudain, alors que nous admirons au loin les montagnes, un groupe de petits garçons apparaît et court dans notre direction, retirant leurs vêtements dans leur course. Le plus petit traîne derrière, il a du mal à faire passer son t-shirt par-dessus sa tête. Ses amis ne l’ont pas attendu et sont déjà en train de sauter dans les vagues. Quand il les a rejoints nous commençons à jouer avec eux. Nous ramassons des mangues pourries dans le sable et les lançons, une par une, dans l’eau. Splash ! La première atterrit juste à côté d’eux. Explosions de rires et cris de joie. Splash ! La deuxième les éclabousse à son tour. Les gamins sont maintenant surexcités et sautent dans tous les sens. L’un d’entre eux ramasse une mangue et nous la renvoie. Le jeu durera longtemps et, bien évidemment, nous nous lassons bien plus vite qu’eux. Haha.

Splash !

Cliquer ci-dessous pour voir la vidéo :

Tous les soirs, le bar de l’hôtel se remplit de gens qui viennent danser, boire des bières et manger du poisson grillé.

Miam ! 😋

Grâce aux trajets en bus, nous connaissons en général toutes les musiques du moment dans chaque pays. Mais là, toutes les chansons sont nouvelles. C’est le premier signe que nous avons quitté l’Afrique de l’Est, et que nous sommes entrés dans une nouvelle région du continent.

Cliquez ci-dessous pour entendre une de nos chansons favorites du Malawi (bien que l'artiste soit Sud-Africaine) :

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