31 – Vingt-quatre heures à Dar es Salaam

31 – Vingt-quatre heures à Dar es Salaam

Sur le ferry qui nous ramène de Zanzibar, nous luttons pour que nos petits-déjeuners restent dans nos ventres. D’autres passagers supportent un peu moins la houle et manœuvrent entre les gens affalés sur le sol pour atteindre les côtés du bateau. La télé affiche un message de sécurité, qui appelle Allah pour son assistance, et passe ensuite un film sans son ni sous-titres. Nous observons la mer à la recherche de dauphins mais, sans surprise, ils ne se montrent pas. Difficile de leur en vouloir, qui voudrait nager à côté d’un ferry où les gens sont malades ? Même les pêcheurs restent à bonne distance.

A terre, nous trouvons un chauffeur de taxi qui ne fait pas le « prix Mzungu » et qui connaît l’hôtel où nous allons (ce qui se révèle une bonne idée, parce qu’il n’est pas au bon emplacement sur la carte).

Nos missions pour la journée : 1 – trouver à manger, 2 – trouver un bureau de poste, 3 – trouver une banque qui nous donnera des dollars américains (nous les collectons en route, pour les visas et pour le Zimbabwe). Avoir des objectifs s’avère généralement un bon moyen d’explorer une ville et d’en ressentir l’atmosphère.

A l’hôtel, les ouvriers qui refont les pavés se font livrer des plateaux-repas (un peu comme les plateaux enfants avec plusieurs compartiments, mais en plus grand). Nous nous trouvons alors nos propres plateaux, remplis d’haricots, d’épinards et d’ugali. Un seul suffit, comme souvent : les portions sont énormes et l’ugali remplit bien. Ça fait une première mission accomplie (pour 2000 shillings tanzaniens, soit 0,80 €).

Pendant nos vingt-quatre heures à Dar es Salaam, nous marchons beaucoup. On voit plus quand on marche, et prendre un taxi ou bus ne vaut pas le coup : le trafic est complètement bloqué et il fait une chaleur terrible. Les rues sont très poussiéreuses et ensablées, et il faut bien regarder où on marche pour éviter de tomber dans une bouche d’égout ouverte ou de trébucher sur une marche. Le trottoir est entièrement occupé par les étals des marchés. Nous marchons à l’ombre des parasols, bâches et toits en tôles. Les vendeurs s’abritent comme ils peuvent du soleil, tout en restant perchés sur des cageots, des tabourets ou des seaux. Le passage est juste assez large pour une personne, à condition d’éviter les fruits et légumes étalés par terre. Il faut régulièrement se baisser pour passer sous des maillots de foot ou enjamber des bacs en plastique. Le marché est aussi un vrai parcours d’obstacles urbain. Tout le long le gens nous sourient et nous crient « Mzungu, mzungu, mzungu !! ». Pour tenir la distance, nous faisons deux arrêts pour du jus de canne à sucre (pressé sous nos yeux) et du jus d’ananas. Ces pauses fraîcheur font un bien fou sous la chaleur du jour !

Une fois n’est pas coutume, nous agrémentons cet article de quelques photos trouvées en ligne du marché de Uhuru Street. Nous avons tellement parcouru cette rue qu’elle nous était devenue familière. Avec le recul, nous regrettons de ne pas en avoir pris de photos. Sur le moment cela ne nous a pas paru digne d’intérêt, les marchés colorés et vivants étaient devenus notre quotidien !

Nous accomplissons toutes nos missions du jour. Nous nous sentons immensément riches au moment de retirer un million de shillings pour les échanger en dollars. Le gentil personnel du bureau de poste accepte de fermer un peu plus tard pour que nous puissions écrire, timbrer et envoyer nos cartes postales et cartes de Noël.

En vingt-quatre heures, nous avons le sentiment de nous être bien immergés dans Dar es Salaam. Le nom de la ville signifie « Havre de paix » en arabe, mais si on devait donner notre avis ce serait plutôt « Havre d’agitation, chaleur, poussière et embouteillages ».

One Reply to “31 – Vingt-quatre heures à Dar es Salaam”

  1. L’intérêt de cette période de confinement est de de se rattraper dans nos lectures de vos aventures
    eh oui nous sommes entrainés par le quotidien et ne sommes toujours pas attentifs à vos aventures
    et pourtant celles-ci sont riches d’aventure et de rencontres extraordinaires
    après des périodes de farniente, de promenades dans les cieux au dessus des “brocolis” ou dans les sous sols , vous alternez avec une ambiance de cités qui ressemblent à la foule de nos villes
    toutes ces expériences nous donnent envie de connaitre tous ces pays extraordinaires

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