29 – Un si long trajet

29 – Un si long trajet

Nous passons notre dernière nuit rwandaise au Grace & Peace Motel (voir articlé n°22). Le manager nous fait gentiment préparer deux sandwichs aux œufs à emporter avec nous, puisque nous ne serons pas là pour le petit-déjeuner.  

En effet, au petit matin nous embarquons dans un bus pour Dar es Salaam, pour un trajet à la durée inconnue. La compagnie de transport annonce vingt-six heure mais le mieux reste de ne pas regarder nos montres, ça devrait aider à faire passer le temps plus vite.

Il y a un groupe de quatre allemands dans le bus. Ils travaillent au Rwanda comme volontaires et se retrouvent pour aller passer une semaine de vacances à Zanzibar. Ce ne sont pas les premiers que nous rencontrons. Apparemment, le gouvernement allemand encourage le volontariat à l’international avec des subventions généreuses (souvent pour que les gens partent six mois ou un an). Certains de ceux que nous avons rencontrés parlent maintenant couramment le Swahili ou le Kinyarwanda.

Après trois heures de route, nous atteignons la frontière à Rusumo. Nos visas tanzaniens n’ont pas encore expiré, mais ce sont des simple-entrée alors pas sûr que nous puissions repasser en Tanzanie avec. Nous avons l‘habitude des frontières maintenant, et du fait que ça prend plus de temps pour nous que pour les locaux, alors nous nous dépêchons pour être à l’avant de la queue. Les allemands choisissent une tactique différente et se retrouvent en fin de peloton parce qu’ils sont allés chercher leurs sacs. Apparemment un de leurs amis a fait le même trajet il y a quelques jours et le bus est reparti sans lui (mais avec ses affaires).

Nos visas sont acceptés ! Pas besoin de repayer cent dollars et ça, c’est une vraie bonne nouvelle. Quelques tampons et fouille des sacs plus tard, nous avons fini. La dame qui vérifie le sac d’Heather découvre alors un problème très grave : le sac poubelle qui enveloppe ses chaussures de marche. Les sacs plastiques sont interdits au Rwanda et en Tanzanie, mais elle fait comme si elle n’avait pas vu et conseille de le garder caché pour éviter les amendes.

Nous regagnons le bus. Les allemands sont toujours dans la queue alors nous nous assurons que le conducteur va bien les attendre. Après trois heures d’arrêt, le bus redémarre avec tous ses passagers à bord. Gagné !

Il y a deux autres arrêts sur la route. Le premier, prévu, pour déjeuner dans le restaurant d’une station-service (environ une demi-heure). Le second, pas du tout prévu, quand le bus tombe en panne (environ deux heures). Ça devait arriver, évidemment. Ne sachant pas combien de temps il allait être arrêté, nous partons à la recherche d’une bière fraiche. Pas longtemps cependant, puisqu’un des allemands nous rattrape en courant pour nous dire que le bus a remis son moteur en marche et qu’il est en train de repartir.  

Dans le bus, pendant sa réparation

Le paysage est beaucoup plus sec qu’au Rwanda. Les collines ont disparu et sont remplacées par quelques rares champs, fermes ou enclos à bétail fabriqués avec des buissons épineux.

Il arrive parfois que le bus passe dans des villes et y fasse une pause assez longue pour nous laisser le temps d’acheter des mangues, maïs grillés ou Chips Mayai à travers la fenêtre.

On fait le plein de mangues

Nous parvenons à dormir un peu, malgré le fait que nos sièges se trouvent pile en-dessous de l’enceinte qui joue de la musique à fond pendant tout le trajet. Heather enroule son écharpe autour de ses oreilles et Arnaud s’enfonce ses écouteurs dans les tympans pour réduire le bruit.

La fraicheur de la nuit est vite balayée par la chaleur étouffante à l’approche de Dar es Salaam le lendemain matin.

Notre chauffeur prend une amende pour excès de vitesse!

Nous arrivons enfin à la gare routière, trente-six longues heures après avoir quitté Kigali. C’est un nouveau record, mais on espère qu’il tiendra bien longtemps !

Après les bouchons dans le bus, place aux bouchons dans un taxi, pour atteindre la gare Tazara de Dar es Salaam. Nous avons l’intention de prendre le train dans six jours, mais nous avons lu que les tickets partent vite alors il faut y aller en avance. Le trafic est catastrophique, ça aurait été probablement plus rapide à pied. Mais vu la fournaise dehors, nous avons préféré éviter. Il y a des chantiers partout, qui envoient de la poussière dans la voiture. C’est sale, mais au point où nous en sommes ça n’a plus vraiment d’importance. Vivement une douche et un lit !

Nos informations se révèlent exactes, et on nous informe qu’il n’y a plus que des tickets pour les wagons en troisième classe. Ce sont des places assises (dans des wagons mixtes). En seconde classe les compartiments sont composés de six lits (hommes et femmes séparés) et en première classe de quatre lits (hommes et femme séparés aussi). Nous avons lu que pour les couples hétérosexuels qui souhaitent être ensemble dans un wagon-lit, il faut réserver un compartiment entier. Nous prenons ce qu’il y a et le vendeur nous conseille de nous renseigner le jour du départ pour savoir si des places en première ou deuxième classe se sont libérées (des annulations par exemple).

Notre prochaine mission consiste à prendre le ferry de Dar es Salaam vers Zanzibar. Nous affrontons encore le trafic et, avant même de poser un pied hors du taxi nous sommes submergés par des vendeurs de billets qui veulent nous conduire à leur guichet. Si le prix du ferry pour les locaux est dérisoire, pour les étrangers il faut débourser trente-cinq dollars (au moins, les billets VIP coûtent plus cher).

Le ferry ne part que dans une heure. Après avoir passé la sécurité, et déposé nos sacs dans des grands chariots, nous sommes conduits en salle d’attente VIP (cela semble être l’endroit où on place tous les étrangers, même quand nous signalons que nous avons des billets normaux). Pour la première fois du voyage, nous nous retrouvons entourés de touristes : couples Instagram, jeunes fêtards, groupes de dames, familles bruyantes… On pourrait être dans n’importe quel terminal d’aéroport en Angleterre. Nous trouvons un hôtel dans le Lonely Planet et passons ensuite le temps en regardant la foule.  

Le ferry est très confortable, parfait pour une petite sieste (malgré la clim réglée sur -12°C, environ) et entièrement plein. Nous sommes trop fatigués pour sortir essayer de repérer des dauphins.

Deux heures trente plus tard, nous posons le pied sur le quai de Stone Town, à Zanzibar. La plupart des visiteurs semblent heureux de confier leurs valises à des locaux qui vont les guider vers leur hôtel en leur faisant la liste de tous les tours qu’ils sont prêts à leur offrir pendant leur séjour. Nous attrapons nos sacs et filons dans les ruelles de la ville pour trouver notre auberge, slalomant entre les (nombreuses) sollicitations de vendeurs en tout genre et les touristes bruyants en mini-shorts. A l’arrivée, nous négocions un lit pour la nuit (ils se montrent sympa quand ils apprennent que nous arrivons directement de Kigali en bus). Nous grimpons les escaliers, posons nos sacs, allumons les ventilateurs et nous écroulons sur le lit. Quel trajet !

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