21 – Les marabouts de Mwanza

21 – Les marabouts de Mwanza

Le dimanche à Olasiti, nous nous rendons à l’église locale. A l’intérieur, de jolies peintures murales attirent l’œil avec leurs couleurs vives. L’église est pleine à craquer, toutes les générations sont là et tout le monde s’est mis sur son trente-et-un. La chorale est très belle et entraînante. A l’entrée, nous n’arrivons pas à déterminer la confession de la paroisse. A l’intérieur, nous comprenons rapidement qu’il s’agit de catholiques. Nous ne comprenons rien au sermon déclamé en swahili mais les prières et les rites sont familiers. Ça valait le coup d’y aller.

L’église catholique d’Olasiti

 Etant immergés dans la population, nous testons aussi la nourriture locale :

  • Du poisson séché : on mange presque tout, même les arêtes (c’est un peu comme des chips)
🐟🎣
  • Des pois, des haricots et des chapatis. Ces derniers sont vendus partout, pratique pour manger sur la route
Chez Swahiba
  • Des frites Mayai : une alternative au Ugali. En gros, c’est une omelette aux frites. Souvent mangé avec du ketchup (qui est rose et très liquide ici). Peut aussi être acheté partout, même par la fenêtre du bus
Chips Mayai (photo : Dave Houldershaw)

Avant d’aller plus loin en Tanzanie, nous décidons d’aller faire un tour au Rwanda depuis Arusha (on vous laisse jeter un œil à une carte pour comprendre la route).

La Tanzanie est un vaste pays (grand comme deux fois la France) et le trajet doit se faire en deux fois. La ville-étape, Mwanza, est la deuxième ville du pays et se trouve sur les rives du lac Victoria, à une douzaine d’heures de bus d’Arusha. Pour arriver avant la nuit, le chauffeur roule vite et utilise plus souvent son klaxon que ses freins. Les (rares) arrêts ressemblent aux passages aux stands d’une voiture de course, sauf qu’on change quelques passagers et non les pneus. Après sept heures de route environ, le bus fait enfin un arrêt assez long pour nous laisser sortir. Nous en profitons pour aller aux toilettes (le genre « à la turque, pas de papier, pas d’eau, retiens ta respiration »). Nous en sortons après quelques minutes, et réalisons que le bus et ses passagers ne sont plus là ! Pas de temps à perdre, nous sautons sur deux piki-pikis (les taxi-motos) et rattrapons le bus (qui contient toujours nos sacs). C’était moins une. Ce sera le seul arrêt de la journée, et même s’il y en a un autre, on se retiendra !

La vue depuis notre hôtel (Royal Residence Hotel)

La vitesse paie et nous atteignons notre destination en fin d’après-midi. Nous décidons de profiter d’un repas tranquille au bord du lac et de laisser l’exploration de Mwanza au lendemain. Sur la terrasse de l’hôtel Tilapia, nous sirotons deux bières Kilimandjaro bien fraîches en regardant le coucher de soleil. Au loin, les pêcheurs ramènent leur prise du jour vers la rive et ses empilements de rochers sphériques.

La terrasse de l’hôtel Tilapia 🍺🍺

Nous ne sommes pas seuls à les observer. Des dizaines de marabouts (oiseaux assez moches, il faut bien le dire) rôdent sur les toits alentour à l’affut d’un pêcheur maladroit qui laisserait échapper un poisson.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de marabouts

A part le poisson, la cuisine indienne est aussi au menu. Mwanza est, étonnement, connue pour son influence indienne. Beaucoup de restaurants et boutiques sont tenus par des gens originaires d’Inde ou du Pakistan. Certains sont même là depuis plusieurs générations. Ça fait drôle d’entendre un pakistanais nous expliquer que « nous les tanzaniens, nous sommes très différents des kenyans » en nous servant un poulet tandoori.

Ce jour de repos était nécessaire, car la deuxième partie du trajet commence aux aurores. Pour gagner une heure de sommeil nous avons rendez-vous à cinq heures du matin à l’embarcadère pour attendre le bus ainsi que le ferry sur lequel il doit monter pour traverser le lac.

Le lever du soleil, véritable réveil de Mwanza, est magnifique. Encore une fois, les marabouts sont là et nous observent depuis les toits. Avec le ferry arrivent les premiers camions de marchandises, les travailleurs et les écoliers, pendant que les kyrielles de petits bateaux de pêche hissent leurs voiles pour commencer une récolte qui durera jusqu’au crépuscule. La journée commence aussi pour les innombrables oiseaux, qui survolent les eaux calmes à la recherche de leur proie matinale. Voir la ville s’éveiller est l’occasion de constater l’importance du lac Victoria. Le plus grand lac d’Afrique est la source de vie de Mwanza.

🌅 Pas mal, hein

La traversée du lac est un moment de paisible émerveillement, pendant lequel nous admirons les rives et les îles sous le ciel rouge du soleil qui se lève.

C’est parti pour le trajet le plus long depuis le début de ce voyage (et pourtant, il y a de la concurrence !). D’abord le bus, puis un taxi jusqu’à la frontière. Là, c’est l’enchaînement classique des formalités : attendre à un guichet pour avoir un tampon de sortie, puis passer au guichet suivant pour demander le visa pour le Rwanda. Là, on nous indique où faire la queue pour pouvoir payer le visa. Une fois le règlement fait, nous pourrons revenir au point de départ pour avoir le précieux tampon. Il vaut mieux ne pas être pressé en Afrique, surtout pour passer une frontière !

Il faut payer en dollars US, en liquide uniquement. Arnaud plonge les doigts dans sa ceinture (elle est dotée d’un compartiment secret pour y cacher de l’argent), aperçoit le chiffre 100 au coin d’un billet vert et le tend à l’officier. Là il se fige, et sans un mot nous jette un regard noir qui signifie « vous vous croyez malins ? ». Le billet n’est pas le bon ! C’est un vieux billet de 100 birrs éthiopiens (environ trois euros) qui s’était caché tout ce temps. Oups. « Pardon monsieur », « non on n’a pas fait exprès », « oui on a des vrais dollars ». Nous savons depuis notre départ qu’un poste frontière n’est pas le lieu idéal pour jouer aux comiques.

Passeports tamponnés, sacs fouillés, nous montons dans un minibus pour Kigali. Heureusement, nous n’attendons pas beaucoup avant qu’il ne parte. Malheureusement, le bus s’arrête dans tous les villages du Rwanda (information non vérifiée, mais ça ne doit pas être loin de la vérité).

“Matunda Express”, qui n’en a que le nom 🐌

Il a, en plus, la bonne idée de tomber en panne et de nous obliger à attendre un bus de remplacement. Partis avant le soleil, nous n’arrivons à notre hôtel qu’à 22h ! Pour ajouter aux bonnes nouvelles, en essayant de nous aider à sortir les sacs un touriste allemand tire dessus comme une brute et réussit à arracher une sangle du sac d’Arnaud. Il est temps que ce trajet se termine.

Là, ça sent pas bon…

Malgré un voyage compliqué, nous avons notre premier aperçu du Rwanda. « Le pays des mille collines » porte bien son surnom et offre des paysages fabuleux, très différents de ce que nous avons vu jusqu’à présent. Quel changement après les étendues de savane de la Tanzanie ! C’est un enchaînement de collines vertes et marron.

A Kigali, nous prenons nos quartiers au Peace and Grace Hotel. Nous sommes vendredi soir et un concert est organisé dans le bar. Nous posons nos sacs (désormais cassés) dans la chambre puis nous asseyons un moment pour profiter d’une bière fraiche et d’un plat de riz, haricots et épinards en regardant les gens qui dansent. La fête durera jusque tard dans la nuit. Quant à nous, nous avons besoin de repos alors la fête se fera dans nos rêves avant de partir explorer Kigali. 

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