17 – Avec Daniel dans la fosse aux lions

17 – Avec Daniel dans la fosse aux lions

Un mois et demi après avoir posé le pied en Afrique, nous programmons enfin notre premier safari. Ce sera au Hell’s Gate National Park, situé non loin du lac Naivasha. Comme son nom ne l’indique pas, ce parc ne compte pas de prédateurs. En conséquence, il est possible de le parcourir à pieds ou à vélo. C’est cette dernière option qui nous intéresse particulièrement. Sans jamais me dire où je vais, Je veux faire ce qu’il me plaît.    

Autre fait notable : le parc a servi d’inspiration aux producteurs du Roi Lion pour imaginer les décors du film. Autant dire que nous avons hâte de voir ça ! Signalons aussi que les frais d’entrée du parc sont moins élevés que dans beaucoup d’autres.

Nous partons tôt ce lundi matin. Le lac brille sous les étoiles, d’une étrange lueur. Nous espérons ainsi voir les animaux aux heures les plus fraîches de la journée. Le parc est tout proche de notre camping, un coup de moto-taxi et nous voilà devant l’entrée. Enfin, presque. Le chauffeur décide de nous arrêter deux kilomètres avant, chez son ami qui loue des vélos. Seulement, le tarif est élevé et l’homme peu aimable. Nous demandons au chauffeur de taxi de nous conduire là où nous lui avions demandé : à l’entrée du parc. Il y a sûrement des vélos là aussi après tout.

Nous arrivons donc aux portes du parc. Là, nous notons immédiatement la quinzaine de vélos prêts à être loués. Parfait. La dame de l’accueil, vêtue d’un superbe uniforme à imprimés animaux, nous informe alors que l’accès à la gorge, un des endroits les plus courus du parc, est actuellement impossible à la suite d’un accident survenu le mois dernier. Nous nous y attendions, l’évènement ayant été largement relayé dans les médias locaux. Mais une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, c’est l’histoire de la vie. Elle nous annonce qu’ils ont actuellement un groupe de lions qui se promènent dans le parc.

A vos risques et périls…

Pour cette raison il est demandé de venir avec un véhicule, qui doit suivre les visiteurs à vélo. Bien évidemment, nous n’avons pas de voiture dans nos sacs. La première solution proposée par la dame est d’être suivis par un garde. Ça nous va, nous montons sur nos vélos et nous préparons à partir. Mais elle nous arrête, elle semble un peu inquiète. En réalité le garde ne resterait pas avec nous tout le temps, donc la solution n’est pas idéale. Il vaut mieux trouver autre chose. A notre avis, elle s’inquiète plus de la possibilité d’un autre incident dans le parc que de nous voir dévorés par des lions. Elle propose alors d’appeler un guide qui nous accompagnera pendant la visite, à vélo lui aussi. Il n’est pas armé, donc nous nous demandons ce qu’il pourra bien faire en cas de rencontre avec un gros chat. Mais bon, c’est toujours mieux que d’être suivis par une voiture invisible.

Le point négatif : payer pour un guide n’était pas prévu au budget. Le point positif : la possibilité de voir un lion de près.

Notre guide s’appelle Daniel, parfait pour nous accompagner dans la fosse aux lions. Nous commençons à pédaler avec lui.

Dans la jungle, terrible jungle…

Aux abords du chemin, les animaux profitent des premières heures de la journée et broutent l’herbe jaune de la savane. Les troupeaux de zèbres et de buffles côtoient les impalas et les phacochères. En parfaite harmonie, ils vivent un moment royal. Nous croisons également une girafe, qui traverse quelques mètres devant nous.

Regardez bien à l’Ouest, regardez bien à l’Est…
J’étais jeune phacochère…
Les signes font des singeries, les girafes ont le torticolis
Les éléphants se souviennent, mais de quoi… faut que ça me revienne.

Un peu plus loin, nous nous attardons pour regarder un couple de singes vervets qui dorlotent leur bébé au bord du chemin. Ils sont juste à côté de nous, sans aucuns soucis ! Philosophie. Ce sera l’instant mignon de la journée.

La sensation est extraordinaire, nous circulons dans le calme au plus près de ces animaux sauvages. Ils ne bougent pas d’un poil quand nous nous approchons. Autour de nous, les paysages de falaises découpées par l’ancienne activité volcanique de la région sont superbes (comme le rocher des lions dans le film).

Fischer’s tower (le rocher!)

La gorge est fermée, mais nous pouvons tout de même la voir depuis les hauteurs.

Près de la gorge, le calme de la nature est néanmoins troublé par un grondement constant. Il y a quelques années, le gouvernement a autorisé la construction à cet endroit d’une centrale électrique utilisant la géothermie. Le potentiel du lieu (il s’agit de la plus importante du genre en Afrique) a eu raison de la quiétude des animaux, qui se font très rares quand on s’approche de l’usine. Point énergie, à l’heure du changement climatique : comme l’Ethiopie, le Kenya produit l’intégralité de son électricité grâce aux énergies renouvelables (les barrages à 75%, la géothermie pour 10% ; éolien et solaire se partageant le reste).

Nous passons toute la matinée dans le parc. Pas de traces des lions, mais ils sont sur toutes les lèvres. A chaque fois que Daniel croise un autre guide (tous suivis par des voitures, haha), le mot revient dans leur conversation : “Simba ?” (C’est lui, le roi du royaume animal). L’occasion d’apprendre que de nombreux noms du Roi Lion sont des mots swahilis (la langue principale au Kenya). Outre Simba pour « lion », « pumba » signifie « ignorant », « rafiki » veut dire « ami » et « Nala », « cadeau ». Même Hakuna matata, cette phrase magnifique, est du swahili, mais faut-il vous rappeler ce que ces mots signifient ?

Nous prenons notre pique-nique à l’ombre du grand rocher Fischer’s Tower, en compagnie d’adorables damans. Ces petites boules de poils sont, étonnamment, les plus proches cousins terrestres de l’éléphant. Quoi qu’il en soit, ils aiment l’odeur de notre déjeuner. A la file indienne chers petites hyènes, venez faire ripaille à l’hawaïenne.

Après le déjeuner, nous ne sentons plus nos fesses après tous ces chemins de terre donc nous décidons de prendre la route de la sortie.

Après ces quelques heures passées dans le parc, nous ressortons vivants et rentrons à notre lieu de camp. Un safari à vélo est une expérience extraordinaire, et nous a permis d’approcher pleins d’animaux dans des conditions exceptionnelles.

P.S. : vous aussi, vous avez les chansons dans la tête maintenant ?

P.P.S: Ci-dessous vous pouvez admirer les peintures des animaux vus ce jour-là réalisées par Heather (Inspirées par Joy Adamson, bien sur!)

Un outarde Kori (le plus grand oiseau volant d’Afrique)
Phacochère (Pumba !)
Choucador superbe (n’est-ce pas?)
Buffles
Zèbre
Girafe

One Reply to “17 – Avec Daniel dans la fosse aux lions”

  1. Magnifique … et sauvage !
    Très jolies aquarelle d’Heather. Votre carnet de voyages va être bien illustré !

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