11 – Le Camelot africain et un bord de mer sans mer

11 – Le Camelot africain et un bord de mer sans mer

Après nos aventures montagneuses, nous descendons en altitude pour nous diriger vers la prochaine ville : Gonder. Le départ de Debark est l’occasion de connaître notre première véritable tentative d’arnaque. Le responsable du bus (qui n’est pas le chauffeur, mais s’occupe de remplir le bus et récupère l’argent) demande un prix très élevé pour le trajet, arguant qu’en cette période de vacances tous les passagers paient le même prix. Mouai, moyen comme excuse. Nous acceptons à la condition de vérifier cette affirmation de nos yeux. Il accepte et nous montons dans le bus. Il revient après quelques instants et exige le paiement avant le départ. D’habitude, nous payons pendant le trajet, donc là ça devient clairement suspect. Nous répondons que nous paierons en même temps que tout le monde. A ce moment-là, il s’énerve et commence à parler de plus en plus fort pour montrer son autorité. Visiblement, il ne changera pas d’avis donc nous choisissons de quitter le bus. Pas la peine de rester se faire arnaquer, il y a toujours quelqu’un autour prêt à faire affaire avec nous. Nous en trouvons un juste à côté, qui nous prend à un prix inférieur. Cela reste un cas isolé, habituellement nous sommes très bien accueillis en Ethiopie et nous avons toujours payé le même prix que les locaux.

Trois heures de route plus tard (écrasés sur la banquette du fond avec bien plus de monde qu’elle n’en peut accueillir), nous voilà à Gonder. C’est une grande ville (4ème plus grande d’Éthiopie) de 300.000 habitants. Elle fut la capitale de l’empire Éthiopien à partir de 1636AD, pendant 200 ans environ. Durant cette période, les empereurs successifs ont fait construire plusieurs palais dans ce qui est aujourd’hui appelé l’enceinte royale. L’ensemble a conféré à la ville le surnom de « Camelot africain » (bien que Gonder soit bien réelle, elle).

Arrivés vers midi, nous prenons le temps de visiter ces palais. La plupart sont en ruines, mais il reste tout de même plusieurs jolis bâtiments médiévaux bien conservés qui témoignent de la gloire passée des lieux. Il est aussi plaisant de constater qu’il y a des touristes locaux.

Après cela, nous passons jeter un œil à l’église Debre Birhan Selassie (que nous trouvons pleine à craquer de touristes occidentaux). Construite à la fin du 18ème siècle, ses murs et plafonds sont recouverts de jolies fresques très colorées représentants divers thèmes bibliques. En particulier, nous apprécions les anges avec des visages éthiopiens peints sur le plafond et une représentation de la Trinité sur un mur.

L’église Debre Birhan Selassie
Le superbe plafond. Les anges tournés vers le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest.
Est-ce que vous devinez le Père, le Fils et le Saint-Esprit ?
Les fresques bibliques

Gonder est une jolie ville à visiter, mais il nous reste un incontournable de l’Éthiopie à voir (Lalibela) ainsi que plusieurs jours de trajet avant de rentrer à Addis-Abeba. Donc nous ne traînons pas. Enfin, nous prenons quand même le temps d’assister à un match de foot au bord de la route.

Dernier aperçu de Gonder – un match de foot local

Lalibela est un endroit difficile d’accès, que les touristes atteignent quasi exclusivement par la voie des airs. Un bus part de Gonder, mais il n’est pas possible de réserver en avance. Nous savons ce que cela signifie. Peu enthousiastes à l’idée de défier à la course des dizaines de locaux dans une gare routière à 5h du matin, nous cherchons une autre option. Il existe un bus direct, réservable à l’avance, qui part de Bahir Dar, ville située à 3 heures de Gonder. De plus, plusieurs personnes nous ont déjà recommandé cette ville au bord du lac Tana, destination de vacances prisée des Ethiopiens (pour un pays sans accès à la mer, c’est ce qui se rapproche le plus d’une station balnéaire). D’ailleurs Bahir Dar signifie « Bord de mer » en Ge’ez (ancien langage éthiopien).  Nous y partons immédiatement.

Le trajet se révèle le pire que nous ayons connus en Éthiopie. Il arrive parfois qu’un passager se sente mal dans les bus et requiert un sac plastique pour y rendre son dernier repas. Pour la première fois, cela arrive à notre voisine (Heather partage son siège avec elle). En plus, le trajet est interrompu pendant un long moment à cause d’un pneu crevé (encore). Pour ne rien arranger, nos sacs ne sont pas rangés sur le toit mais écrasés sous des strapontins dans l’allée centrale.

Le gars avec la chemise à carreaux est assis sur le sac d’Heather 😒

Le long de la route, nous voyons le paysage changer par rapport à ce que nous avions l’habitude de voir. Les grandes collines laissent place à de vastes plaines cultivées. Les champs sont très humides, un peu comme des rizières. Pour une fois, la route est large, plate et droite. Cela rend d’autant plus dommage le fait que l’intérieur du bus soit aussi peu agréable.

Vous vous en doutez, nous sommes donc heureux d’arriver enfin à Bahir Dar et sauver nos pauvres sacs. Nous réservons deux billets pour Lalibela (départ 5h le lendemain matin) et trouvons rapidement un hôtel. Nous cherchons ensuite un restaurant qui sert du poisson avec vue sur le lac.

C’est chose faite au Lakeshore où nous commandons du poisson grillé et des frites (fish and chips !). Nous attendons le poisson une bonne heure et demie. Ce qui est assez court s’ils sont allés le pêcher dans le lac, mais plutôt long dans le cas contraire. Les frites arriveront encore plus tard, ce sera plutôt fish puis chips finalement. En réalité, nous sommes habitués. Commander un plat original (comprendre : sans injera) est souvent très long en Éthiopie. Du coup, nous sommes habitués à partir manger avant d’avoir faim (malin). Ça vaut le coup d’attendre néanmoins, la nourriture est toujours bonne et bien épicée. Cette fois-ci, la jolie vue fait oublier l’attente.

La vue au dîner (prise avec un téléphone, désolés pour la baisse de qualité !)

Le lendemain, nous partons donc très tôt pour la gare routière. Nous avons déjà nos billets et choisissons des bonnes places près de la porte (là où il y a assez de place pour garder les jambes droites).  Le chauffeur attend que le bus se remplisse pour partir. L’occasion de voir passer dans le bus des dizaines de vendeurs à la sauvette. Après le passage du énième d’entre eux, nous avons envie de leur dire que, non, personne ici ne veut acheter de la paille, des téléphones, des sodas, des oranges, des cannes à sucre ou des biscuits en tout genre. Notre vocabulaire progresse bien pendant cette heure d’attente (« Agada, agada, agada !? » signifie « Canne à sucre, canne à sucre, canne à sucre !? »)  

Après ce temps qui paraît interminable, nous quittons la gare et ses vendeurs. Le bus prend neuf heures pour arriver à Lalibela, en comptant la pause déjeuner (injera, bien sûr !). Les trajets en bus sont loin d’être luxueux, mais nous prenons beaucoup de plaisir à regarder par la fenêtre. Observer les paysages, les gens, les bâtiments et les animaux défiler est très divertissant.

One Reply to “11 – Le Camelot africain et un bord de mer sans mer”

  1. On imagine pas un château comme cela en éthiopie!! 🙂
    l’intérieur de l’église est vraiment peinte de partout!!!! c’est très jolie!!

    Super ENCORE des bus!!!! ^^

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