5 – La vie sur Mars?

5 – La vie sur Mars?

Pour éviter les heures les plus chaudes (la majeure partie de la journée) et rester en vie, le guide nous réveille à 4h30 le matin. Il fait tout de même chaud, nous nous réveillons transpirants et dans nos gourde l’eau est comme un thé sans parfum. La première visite de la journée a lieu dans la zone où nous étions hier, dans le désert de sel. L’endroit s’appelle Dallol. Ici, l’activité volcanique souterraine fait chauffer l’eau salée à plus de 70°C et remonter du Soufre et de l’oxyde de Fer à la surface. Les sens sont pris dans un tourbillon merveilleux de couleurs, de sons et d’odeurs.

Un bouillonement d’eau salée.

Jaune, vert, orange, bleu, les couleurs vives déstabilisent l’œil après la monotonie du désert. Le bouillonnement de l’eau salée crée un fond sonore inattendu, que ne viennent perturber que les craquements de nos pas sur ce sol cristallin si fragile et les expressions d’émerveillement des visiteurs. Nos chaussures laissent des empreintes jaunes dans la terre marron.  Les vapeurs de Soufre remontent à la surface, on croirait les odeurs d’un laboratoire de chimie au lycée. Quand elles sont trop oppressantes pour le nez, nous le couvrons d’une écharpe ou d’une serviette.

Le sol passe du marron au jaune sous nos chaussures
On aperçoit les vapeurs de soufre au loin
L’odeur est parfois difficilement supportable

En remontant, elles font éclater les fines couches de sel dans des centaines de petites bulles qui sont comme autant de coquilles d’œufs cassées. Les textures sont vraiment stupéfiantes.

Un peu plus loin, des bassins d’acide sulfurique disposés en étages se colorent d’un bleu intense et d’un vert luminescent. Nous nous retenons de plonger dedans. Comme un monde fantastique, l’endroit semble tout droit sorti de l’imagination d’un auteur de science-fiction. C’est bien simple, tous les indices sensoriels que nous recevons nous font penser que nous ne sommes plus sur Terre. La réalité n’étant jamais très éloignée de la fiction, un panneau indique que le lieu est utilisé dans le cadre de recherches sur la possible apparition de la vie dans des conditions extra-terrestres ainsi que pour tester des équipements destinés à de futurs voyages sur Mars.

Mars ou Dallol ?

L’Homme n’étant jamais trop lent à trouver une utilité aux originalités de la nature, le guide nous apprend que le site est exploité par une société norvégienne pour en récolter de la potasse. Ce minerai est notamment utilisé pour la confection d’engrais ou de savons. L’accord prévoit que la moitié de la récolte ira au gouvernement éthiopien. A quelques centaines de mètres, nous apercevons les installations maintenant désertes construites dans le même but par les italiens au début de 20ème siècle. Ce n’est plus qu’une ville fantôme.

Au fond les anciennes installations pour la récolte de la potasse, laissées par les italiens.

Le guide nous tire de notre émerveillement pour nous appeler à remonter dans les voitures. Nous nous arrêtons à un petit étang de potasse où nous pouvons tremper nos mains. La sensation est celle d’une mare d’huile chaude, c’est très bizarre. Il nous emmène ensuite voir quelques collines de sable.  Ces formes phalliques permettent de constater visuellement la hauteur que l’eau a pu atteindre dans la région, plusieurs mètres au-dessus de nos têtes. L’endroit semble sorti de la course de podracers dans l’épisode I de Star Wars. C’est joli, mais après le spectacle auquel nous venons d’assister, nous sommes presque déçus que le sable ne soit pas violet ou fluorescent.

Un bain de potasse

Nous remontons en voiture, nous avons six heures de route devant nous. Tout ce temps rien que pour aller au volcan Erte Ale, mais ça vaudra largement le coup !

Voici quelques photos supplémentaires, car il était impossible de restreindre plus la sélection!

Le paysage change continuellement. C’est comme ça qu’apparaissent les nouveaux lieux de couleur apparemment.

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