3 – A Travers l’Ethiopie

3 – A Travers l’Ethiopie

Dans l’obscurité de la gare routière, les bus défilent dans un balai incessant. Ils tentent de manœuvrer entre les marchands ambulants et les taxis qui déposent les passagers. C’est un joyeux bazar (pour rester poli). Les gens crient, klaxonnent, se poussent. Notre car, un grand bus vert, arrive enfin. Les bagages sont mis en soute (note pour plus tard : prévoir un pourboire) et tout le monde prend sa place. Le car est plein. Majoritairement des locaux, mais nous repérons un couple de néerlandais quelques rangs devant nous. Il y a 1100 km à faire donc pas une minute à perdre, le chauffeur démarre son moteur. Enfin, pilote serait un mot plus adéquat. La route n’a qu’une voie dans chaque sens, il faut slalomer entre les camions, les tuk-tuks et les animaux. Il n’est pas rare que nous soyons arrêtés par des chèvres, vaches, chameaux ou ânes que leurs bergers emmènent paître dans quelques champs aux alentours. Ils portent tous une arme en bandoulière, la règle de priorité est donc assez logique. A part ces animaux domestiques, nous apercevons également des singes, des oiseaux et des gazelles (de type cerf, pas de type lapin).

Voyez-vous les chèvres derrière ?
Bonjour Monsieur Chameau !

Ce trajet en car est l’occasion de voir la diversité des paysages éthiopiens. Après la ville, nous traversons des centaines de petits villages ruraux. Tout est très vert, les champs de maïs et de teff s’étendent à perte de vue. Le bâtiment le plus impressionnant dans chaque village est toujours le lieu de culte (que ce soit une église ou une mosquée). Ces jolis bâtiments colorés et bien entretenus surplombent les habitations.

Le dessin d’Heather d’un des paysages verts aux alentours d’Addis Abeba

Addis Abeba est située à 2355 m d’altitude. A mesure que le car descend les montagnes et se dirige vers l’Est, les arbres se font plus clairsemés et les chameaux plus nombreux. Les plaines verdoyantes laissent place aux cailloux du désert. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans un petit village. Au menu : des injeras, sorte de galettes amères faites à partir de teff qui forment la base de la nourriture éthiopienne. Nous commençons à y être habitués. Nous sommes assis à une table avec les autres passagers. Tout le monde mange à la main et déchire des morceaux d’injeras pour les tremper dans la sauce épicée.

Après le désert, le sable se couvre de roches volcaniques sombres. Le paysage est parfois lunaire, les arbres presque inexistants. Pourtant, dans cet enfer, l’homme est toujours présent. Les gens vivent dans des petites huttes arrondies faites de branchages et de toile (parfois des sacs d’aide humanitaire), qui semblent tout droit sorties d’un épisode de Star Wars. Comment survivent ces hommes des sables ? Pourquoi ? Trouver des communautés humaines dans cet environnement plus qu’hostile dépasse notre entendement.

Les petites huttes arrondies dans le désert
Etendue de roches volcaniques sur des kilomètres…

15 heures de bus, c’est long. Très long. Pour rendre le trajet plus digeste, deux petits écrans diffusent en boucle des clips de musique et des films éthiopiens, ou des sortes d’extraits de vidéo-gag. C’est parfois drôle, par exemple un des chanteurs est un genre de Francky Vincent éthiopien. Mais loin de l’effet escompté, le bruit nasillard est un peu usant à la longue. Le car s’arrête parfois pour laisser monter des vendeurs d’oranges (vertes), dattes ou noix qui proposent leur marchandises aux passagers.

Le car reprend les routes de montagne pour remonter vers Mekele. La verdure revient, et un gros orage se déclenche. La fin du trajet se fait dans le noir le plus complet, seulement entrecoupé par les nombreux éclairs.

Paysage montagneux près de Mekele
La route qui descend vers Mekele (photo prise un autre moment – quand il faisait jour)

L’hôtel que nous avait recommandé Abeba n’a plus de chambres disponibles. Nous en trouvons un autre dont nous avons vu le nom dans le Lonely Planet. Non seulement il n’y a ni eau ni électricité, mais l’endroit est sale et sent les toilettes. Nous sommes fatigués par ce long trajet, nous dormons tôt pour pouvoir partir explorer la ville le lendemain et s’échapper de ce taudis.

La moins mauvaise partie du mauvais hôtel : le balcon!

Le jour levé, nous parvenons à trouver un hôtel de meilleure qualité (grâce à un panneau à l’extérieur indiquant « Hotel with hot water, WiFi and electricity »). La nuit coûte même moins cher qu’à celui d’hier ! La douche chaude fait beaucoup de bien. Une fois rassurés sur les aspects pratiques, nous nous dirigeons vers l’agence de voyage Ethio Travel Tours (ETT). Nous optons pour un tour de 3 jours, départ demain matin (dimanche 8 Septembre). Nous étions encore loin d’imaginer les émerveillements à venir.

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