2 – « Vous allez adorer ! »

2 – « Vous allez adorer ! »

Deuxième jour de voyage, nous avons une nuit à rattraper donc ce matin est beaucoup plus calme. Nous restons à l’auberge pour planifier la suite des évènements et profiter du WiFi. La prochaine étape sera Bahir Dar, une ville à 600km à l’Ouest de l’Ethiopie. La plupart des sites touristiques se trouvent dans le Nord du pays, nous planifions de les découvrir en suivant une boucle d’Ouest en Est pour revenir ensuite à Addis-Abeba. Pour se rendre à Bahir Dar demain matin, la meilleure option est de prendre le bus (nous cherchons à éviter les vols). Objectif de l’après-midi : aller acheter les billets au centre-ville et en profiter pour visiter la cathédrale St Georges non loin.

Nous arrivons à la place où se trouve le bureau de vente des tickets de bus. Dans la rue, il y a beaucoup de monde. Des enfants marchent à côté de nous et nous appellent. Nous ne comprenons rien, évidemment. Nous accélérons le pas et essayons de ne pas avoir l’air impoli. A notre passage, une dame nous interpelle en anglais pour nous dire de faire attention à nos affaires. Nous sommes déjà agrippés à nos sacs, difficile de faire mieux. Elle continue et nous demande d’où nous venons et ce que nous cherchons. Nous lui répondons et elle décide de nous emmener au guichet. Elle nous explique qu’elle s’appelle Abeba, qu’elle travaille comme ingénieur dans la construction. Elle veut que les touristes aient la meilleure expérience possible dans son pays, en étant embêtés le moins possible. Elle parle fort, tout le monde nous regarde. Elle semble vraiment vouloir nous aider. Nous sommes souvent abordés par des gens qui cherchent à nous attirer vers leur agence de voyage, toujours la meilleure d’Ethiopie à priori. Donc forcément nous sommes sceptiques, d’autant plus qu’elle parle à tous les gens qui passent dans la rue, mais nous la suivons.

Nous arrivons au guichet de Selam bus. Là, Abeba passe devant tout le monde et parle au vendeur. Elle ressort et nous explique que les bus de cette compagnie ne vont plus à Bahir Dar. En plus de cela, les autres destinations affichent presque toutes complet car les gens rentrent chez eux pour le Nouvel An. Elle ameute tout le quartier pour demander aux gens s’ils ont des idées pour nous aider. Ils discutent entre eux longuement, puis nous allons demander à une autre compagnie de bus. Même résultat. Retour à la case départ. Heureusement, la première compagnie vend des billets pour Mekele, ça nous intéresse aussi. Nous ferons donc la boucle touristique dans l’autre sens. Le départ est prévu vendredi matin, à 4h30. Visiblement c’est l’heure de départ habituelle pour ces cars longue distance. Nous nous retrouvons donc avec un programme modifié et une nuit supplémentaire à Addis Abeba. « Vous allez adorer ! » s’exclame Abeba avec un grand sourire, avant de griffonner sur un morceau de papier des noms et numéros de téléphone à contacter à Mekele pour trouver un hébergement. Apparemment il faudra aller voir Mohammed, l’indication est faible mais ça devrait aller. Ce n’est pas comme si c’était le prénom le plus porté sur Terre ! Finalement son aide a été précieuse, nous ne regrettons pas d’avoir suivi notre instinct. Nous la remercions et prenons congé.

Nous avec la charmante Abeba. Et oui, nous avons bien le même short

Ah oui, après tout ça il est trop tard pour visiter la cathédrale…

Nous décidons de changer d’hébergement, pour trouver quelque chose de plus abordable et de plus proche du centre-ville. Rester en hôtel avec wifi, eau chaude, grande chambre double avec balcon et petit-déjeuner inclus n’est – étonnement – pas idéal pour notre budget. Décidés à justifier le poids de la tente que nous transportons, nous optons pour le Taitu Hotel, où nous avons vu en ligne qu’ils offrent des possibilités de camper. Nous nous présentons à la réception jeudi et exposons notre demande. Les deux dames semblent un peu étonnées et nous disent que c’est inhabituel. Elles préviennent leur manager, qui semble étonné et nous dit que c’est inhabituel. Il appelle la responsable. Apparemment nous leur apprenons le contenu de leur site internet. Elle nous indique que l’idée lui plaît, bien que ce soit inhabituel. Elle ajoute qu’ils prendront peut-être des photos pour ajouter cette option à leur offre commerciale. Ne nous mentons pas, l’emplacement proposé pour la tente est assez peu engageant et tient plus du parking que de la terrasse herbeuse que nous avions imaginée. Mais bon, de toute façon notre nuit doit s’arrêter à 2h30 du matin pour prendre le bus donc pas besoin de grand confort. Nous payons 200 birrs (6€) pour la nuit, principalement pour avoir le droit de prendre une douche chaude.

Nous avons quitté l’auberge Mr Martin’s Cozy Place. C’était notre balcon

Ah oui, avec tout ça nous avons quand même trouvé le temps de voir la cathédrale St Georges. Ce bâtiment octogonal tout en pierre est assez joli, bien que plutôt petit. Les gens viennent autour pour prier et en embrasser les pierres. Avant de rentrer à l’hôtel, nous passons au Tomoca Café. C’est beaucoup plus typique que le premier café où nous nous sommes rendus. Ici, pas de chaises, les locaux se retrouvent autour d’une table pour boire une tasse et débattre des sujets du moment. Le café est toujours aussi bon, fort et plein d’arômes. Autour, les gens commandent tous des Macchiato. Nous retenons pour la prochaine fois.

Arnaud appréciant son café Tomoca
Tomoca Café

Retour à l’hôtel à pied sous une pluie battante, en espérant que le temps nous laisse un répit pour monter la tente. Nos prières sont enfin exaucées, et nous pouvons nous installer. La tente est plutôt confortable, même si nous notons quelques progrès à faire dans la conception d’oreillers. En un an, il y aura de nouvelles occasions de se perfectionner. La gérante de l’hôtel nous avait un peu inquiétés en disant qu’il allait pleuvoir et faire froid. Nous savions cela, mais nous savions aussi que nos sacs de couchage sont les plus fins de chez Décathlon alors nous avons tout de même investi dans des joggings chauds pour la nuit. Finalement, la nuit s’est très bien passée. Nous voilà reposés, à peu près réveillés et prêts à prendre le car.

Arrivez-vous à voir notre tente ?
Premier emplacement de camping du voyage – derrière Taitu Hotel
L’arrière de Taitu Hotel (nommé d’après l’Impératrice Taitu Bitul). Construit en 1898 E.C, c’était le premier hôtel en Ethiopie

Miscellanées :

Ces deux jours ayant été moins remplis en visites que le premier, c’est l’occasion de vous présenter diverses observations que nous avons pu faire sur l’Ethiopie, en vrac :

Les Ethiopiens sont très souriants, et nous disent régulièrement bonjour dans la rue. Les gens nous demandent souvent comment ils peuvent nous aider. On est assez éloigné de l’ambiance du RER A un matin en semaine. Heather trouve plaisant d’être dans un pays où les gens savent faire la queue.

Non contents d’avoir un calendrier différent, ils ont aussi décidé de compter les heures autrement. Il y en a toujours 24, mais le 0:00 est placé (grosso modo) au lever du Soleil, soit 6:00 du matin. A ce moment commence donc l’après-midi (enfin l’après-6 heures, du coup). Quand il est 8h du matin pour nous, les horloges locales indiquent donc 2:00 PM. Il est donc l’après-midi quand on est le matin (sauf après 12h), et il faut enlever 6 heures. J’espère avoir été clair. Spoiler rassurant : nous nous sommes quand même présentés à la bonne heure pour le bus même si tous les taxis que nous avons essayé de réserver en avance ont refusé en comprenant que 3h du matin signifiait bien 3h du matin, et pas 9h de l’après-midi.

Vous avez sûrement entendu aux infos que l’Ethiopie a récemment planté plusieurs centaines de millions d’arbres en une journée. Nous avons pu constater cela dans les rues et les parcs d’Addis Abeba, où nous voyons beaucoup de jeunes arbres protégés par des petits enclos de fortune.

Des jeunes arbres, prêts à être plantés

Il y a tout un tas de marchands de rue à Addis Abeba. On trouve, pêle-mêle :

  • Des nettoyeurs de chaussures. Beaucoup de gens y passent, qu’ils portent des chaussures en cuir où les dernières Nike.
  • Des vendeurs de maïs, samosas ou beignets grillés, ça fait des bonnes odeurs
  • Des marchands de fruits et légumes, qui passent plusieurs heures à empiler leurs produits de la façon la plus ordonnée possible
  • Des couturiers avec des vieilles machines à coudre, comme celles qu’on voit dans les bars hipsters de Paris
  • Des réparateurs de parapluies, plutôt pratique en ce moment

Point météo : c’est la fin de la saison des pluies en Ethiopie. Le temps est assez changeant, alternant entre beau et chaud et pluvieux (voire orageux) et froid. Pas très pratique pour s’habiller – Abeba a expliqué à Heather que ses sandales n’étaient pas vraiment de saison – mais pratique pour tester l’imperméabilité de notre tente.

2 Replies to “2 – « Vous allez adorer ! »”

  1. coucou!!! Que de péripéties!!!! c’est un récit très vivant, on est dans l’action avec vous! 🙂
    On est content d’avoir de vous nouvelles.
    Continuez comme ça!! 🙂
    plein de biss

  2. Pittoresque votre premier emplacement de camping 🙂 vivent les éthiopiens qui savent faire la queue au contraire de nous les sauvages français !

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