1 – Le Grand Départ

1 – Le Grand Départ

5 mois qu’on se prépare. 5 mois d’interrogations sur l’itinéraire, de Lonely Planets, de préparation de budget et d’achat de matériel (on trouve vraiment de tout maintenant). Enfin, les sacs sont prêts. Un peu plus lourds que prévus, mais bon, un chargeur solaire c’est quand même beaucoup trop cool pour être laissé à Paris.

Prêts à partir, écrasés dans l’ascenseur chez les parents d’Arnaud

Le vol de départ est à 22h15 lundi 2 Septembre. Nous passons donc la journée tranquilles à nous relaxer à courir partout pour finir des tâches de dernière minute. Il faut acheter 14 boîtes de médicament anti paludisme (normalement assez pour 7 mois à deux, ndlr), faire la queue à La Poste pour envoyer les derniers courriers administratifs, créer un site internet, prendre des photos de nos sacs.

Tout est enfin prêt, direction Gare du Nord et son RER B. Nous vidons les boîtes de médicaments dans le train pour qu’elles prennent moins de place. Les gens autour prennent un peu peur devant la quantité de pilules. Je pense que la dame à côté a dû faire la leçon à son fils sur les dangers de l’addiction à la drogue.

Nous montons dans l’avion, le vol se passe sans encombre. Enfin, pour Heather qui arrive à dormir n’importe où. Pour Arnaud ce sera nuit blanche. Autour de nous, une passagère s’inquiète car elle sent de l’essence quand les moteurs démarrent, et une autre se plaint que les hôtesse d’Ethiopian Airline ne parlent pas français -_-

Nous atterrissons à Addis Abeba à 6h30 le mardi matin. Nous marchons vers notre hébergement, une auberge de jeunesse appelée Mr. Martins Cozy place. Des gens dans la rue nous indiquent la bonne porte à pousser. A l’intérieur, nous sommes accueillis par une dame blanche, la quarantaine, qui porte des dreadlocks, et un groupe de jeunes touristes allemands. C’est donc bien une auberge de jeunesse, nous sommes au bon endroit. Un papier à l’entrée annonce des coupures fréquentes d’eau et d’électricité. Même pas peur, on a un panneau solaire.

Après nous être enregistrés, nous partons explorer le centre-ville. Nous passons par un joli parc, où il est interdit de prendre des photos. Puis nous arrivons devant un monument datant de l’époque communiste du pays. Les statues et photos célèbrent le peuple, l’armée et la Révolution Cubaine. Tout y est.

Le monument Tiglachin / Derg
« À bas l’Impérialisme »
Amharique: ትግላችን, en français: notre lutte

Le prochain arrêt, bienvenu, est un café reconnu de la ville. Le café tient une place importante dans la culture éthiopienne. En effet, il a beaucoup de goût. Starbucks n’a pas un grand avenir ici.     

Kaldi’s café… miam

Il nous faut nous occuper des aspects pratiques aussi. Nous cherchons donc une carte SIM locale avec forfait internet. Dans la boutique Ethiocom, les clients doivent s’installer sur un banc en carré. Ensuite, les gens se décalent d’une place à mesure que les autres sont appelés au guichet par ordre d’arrivée. C’est marrant, on a un peu l’impression de jouer aux chaises musicales. Nous constatons aussi que, si l’internet mobile est accessible (3€ pour 1Gb), ce n’est pas du tout le cas du wifi résidentiel pour lequel les prix montent jusqu’à 180€/mois. L’Ethiopie a donc visiblement sauté l’étape de l’ADSL filaire pour passer directement à l’iPhone.

Nous testons la cuisine locale (Picnic Tibs & Quanta Firfir) pour le déjeuner. C’est plutôt bon, assez épicé. Ensuite, nous nous arrêtons à La Gare (en français dans le texte). Le bâtiment a été construit par les français pour relier Addis Abeba à Djibouti, au temps béni de Michel Sardou. C’est assez joli et très jaune.

Picnic Tibs & Quanta Firfir
La gare / Legehar

Dans la rue, nous remarquons de nombreux vendeurs de petites fleurs en feutre jaunes qui se portent dans les cheveux. Nous demandons donc à des passantes leur signification. Les gens les portent lors des fêtes du Nouvel An. L’occasion d’apprendre que l’Ethiopie vit avec un calendrier différent, et que le 12 Septembre prochain marquera le début de l’année 2012. L’explication vient d’une sombre histoire de points de vue théologiques divergents sur la date de naissance de Jésus Christ. Wikipedia vous expliquera ça mieux que moi.

Nous achetons deux fleurs pour les porter chacun dans nos cheveux. Mais les passantes nous rabrouent et nous indiquent qu’elles sont réservées exclusivement aux femmes. Une grande foule semble se diriger vers le sommet de la place où nous nous trouvons (Meskal Square, pour les férus de géographie urbaine). Nous décidons d’aller voir. Nous passons deux fouilles de sécurité (une par l’armée, l’autre par la police municipale). Ça prend 20 minutes, il faut allumer tous les appareils électroniques et prouver que nos gourdes contiennent bien de l’eau en en buvant quelques gorgées – deux fois… Nous entrons ensuite dans le « festival ». L’intérieur est un genre de marché de Noël, où tous les stands vendent des produits de la vie quotidienne (accessoires de ménage, stylos, vêtements, appareils électroniques…).

Dans les allées, les rabatteurs font un marquage serré sur les visiteurs. Nous parvenons à nous extraire de là pour arriver à une petite place sur laquelle est installée une scène de concert. Nous commandons des bières et attendons quelques instants avant d’assister à des petits spectacles de danse. Il y a une bonne ambiance. Petite observation : l’essentiel de la musique est de la pop/techno locale, nous entendons assez peu de musique occidentale. Deuxième observation : la deuxième tournée de bière est moins chère que la première. Soit c’est un geste commercial, soit on a payé le prix « touristes blancs » pour la première. Clairement, il va falloir améliorer nos compétences en négociations.

Bienvenue en 2012! Les plus attentifs auront remarqué la fleur jaune dans les cheveux de la dame (un adey abeba)

Tout cela est très sympa, mais nous sommes tout de même fatigués. Retour donc à l’hôtel pour recharger les batteries après un premier jour bien rempli.

L’anecdote : On a oublié le chargeur d’ordinateur à la campagne avant de rentrer à Paris lundi. Nous en avons donc acheté un en urgence à la FNAC. Pour cela, nous nous garons 5 minutes sur une place livraison. En sortant du magasin, la voiture est sur le point d’être emmenée à la fourrière, avec toutes nos affaires de voyage ! On négocie avec le chauffeur de la dépanneuse, qui nous laisse partir. A quoi ça tient, un voyage autour du Monde… Résultat : le chargeur ne contient pas la bonne prise. On essaie encore à la FNAC de la zone d’embarquement à Roissy. Lui non plus n’a pas le bon modèle. Tout ça pour trouver un chargeur compatible dans le premier revendeur d’informatique venu à Addis Abeba !

4 Replies to “1 – Le Grand Départ”

  1. Super heureuse de lire le début de vos aventures ! Pfiou, le départ aura été épique ! Bonne année éthiopienne à tous les deux alors. Bisous !

  2. Une mise en route laborieuse mais je suis sûre que la suite vous réservera de bien belles rencontres et des souvenirs inoubliables.
    Prenez soin de vous !

  3. Yaaaay, ça commence ! 😀
    Plus de photo avec vous svp.
    Je crois qu’Arnaud a fait un faux pas. Ça se mange avec des mains 😉
    Vous restez combien de temp en Éthiopie ?

    1. C’est noté pour les photos 😀
      Haha oui, c’était notre premier injera, depuis on est devenus experts!
      On restera un mois (le visa expire à la fin du mois). Il nous reste plein de trucs à voir 🙂

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